samedi 6 mars 2010

Laissons le pétrole sous terre !

Appel national en faveur de l’Initiative Yasuni-ITT - Équateur

Nous, citoyens, militants pour l’environnement, collectifs et organisations écologistes, associations, partis politiques et syndicats, dénonçons l’échec du Sommet de Copenhague et appelons le gouvernement français et l’Union européenne à soutenir l’initiative Yasuni-ITT en Equateur. Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini), porté par des mouvements sociaux, est une des initiatives proposée par gouvernement équatorien afin de lutter contre le réchauffement climatique global. Il s’agit de ne pas exploiter quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní, une réserve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversité dans le monde et qui est habitée par des communautés indigènes d’Amazonie, les Tagaeri, les Taromenane et les Oñamenane (qui font partie de la nationalité Waorani).

L’Équateur possède une économie basée principalement sur la rente du pétrole qui représente 22,2% du PIB, 63,1% des exportations et 46,6% du Budget Général de l’État, pour l’année 2008. Les réserves de l’ITT représentent environ 20% des réserves totales connues dans le pays. C’est donc une manne financière dont un pays aussi pauvre que l’Equateur ne peut se passer. Pourtant, la proposition du gouvernement équatorien est de ne pas exploiter ces réserves d’énergie fossile, alors que l’exploitation de ce pétrole lourd, pourrait rapporter à l’État entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix d’environ 70 dollars le baril).

En échange, l’Équateur, partant du principe onusien de responsabilité commune mais différenciée pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution à hauteur de 50% de la manne financière dont il pourrait disposer s’il exploitait ce pétrole. En effet, éviter les émissions d’environ 410 millions de tonnes de CO2, favoriser la conservation de la biodiversité en Amazonie, éviter la déforestation, respecter les droits des peuples indigènes qui habitent cette terre, apportent des bénéfices à l’humanité dans son ensemble. C’est un pas vers la reconnaissance du climat comme bien public mondial et de la dette écologique des pays les plus pollueurs.

L’échec du Sommet mondial de Copenhague qui devait aboutir à un accord contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre, afin de prolonger le Protocole de Kyoto pour la période après 2012, nous conduit à mettre nos gouvernements devant leurs responsabilités, notamment pour qu’ils s’engagent à appuyer des initiatives existantes. Le projet ITT représente en effet une amorce de transition écologique pour aller vers un modèle alternatif de développement non productiviste et respectueux de la «Madre Tierra», de la nature, pour l’Equateur et le reste du monde.

Il ne s’agit plus de faire des discours d’intention sur les impacts du réchauffement global et du changement climatique. Le monde a besoin d’actions concrètes et de la mise en place de véritables politiques publiques en matière d’écologie, appuyées sur les mouvements sociaux et les peuples concernés. Le projet ITT, menacé aujourd’hui par l’absence d’engagements qui conforte ceux qui s’y opposent, est une des premières initiatives qui va dans ce sens-là ; il représente un exemple pour que l’économie post-pétrolière et la justice climatique deviennent réalité. Nous appelons le gouvernement français ainsi que l’Union européenne à suivre l’exemple de l’Allemagne (qui s’est engagée à financer ce projet à hauteur de 50 millions d’euros par an, pendant 13 ans) et à apporter leur contribution, financière afin que l’Initiative Yasuni-ITT puisse se réaliser. Nous appelons aussi le gouvernement équatorien à poursuivre son projet, en lien avec les mouvements sociaux qui le portent. Enfin, l’échec des négociations de Copenhague a montré qu’il était plus que jamais nécessaire que l’ensemble des mouvements sociaux et les sociétés se réapproprient le débat. C’est pourquoi nous nous engageons à nous mobiliser collectivement pour soutenir l'Initiative Yasuni-ITT et invitons les mouvements sociaux, les mouvements écologistes et plus globalement le mouvement altermondialiste à soutenir cet appel.

Premiers signataires : ATTAC France ; Association Anciela ; Association France Amérique latine ; Parti de Gauche ; Nouveau Parti Anticapitaliste

Plus d’informations :

http://www.yasuni-itt.gov.ec/
http://www.sosyasuni.org/fr/

Mineurs du Mexique en lutte

Le gouvernement mexicain tente d’en finir avec un conflit qui dure depuis juillet 2007 entre les mineurs de la mine historique de Cananea et leur patron du Groupe Minera México pour non respect des conventions collectives et absence de sécurité sur les installations. Adhérents du Syndicat national des travailleurs mineurs, métallurgistes, sidérurgistes et assimilés, ils viennent de subir la scandaleuse décision du Tribunal chargé des affaires du travail qui nie la légalité de cette grève, l’une des plus longues de l’histoire minière du pays. Les ouvriers se disent prêts à se défendre jusqu’au bout, et selon leurs déclarations, s’il le faut « au prix de leurs vies ».

Leurs luttes s’étendent sur le plan national avec désormais des mouvements de grèves dans d’autres mines de l’Etat de Sonora, Zacatecas, Taxco et Guerrero. Le patronat a même fait venir l’armée et la police fédérales dans la mine et, comme mesure de pression, a retiré l’accès aux services médicaux, le gaz et l’électricité aux grévistes et à leurs familles.

Le NPA se joint à l’appel des mineurs de Cananea et demande le retrait des forces armées et de la police sur lieu de travail des ouvriers, la restitution de leurs droits ainsi que les services de base, et le respect du droit de grève, selon l’article 123 de la Constitution mexicaine et le code du travail en vigueur.

Plus d’informations : ici

EDITO : “Copenhague : cet échec est le leur, pas le notre !”

L'échec attendu des “accords” gouvernementaux à Copenhague est à l´opposé du résultat des mobilisations: une grande convergence des militants politiques, du mouvement écologiste, des mouvements sociaux. Cependant, au milieu des rencontres officielles, Hugo Chavez et Evo Morales ont su rendre ce sommet plus intéressant et accompagné le climat de radicalité générale exprimée par les centaines de jeunes, syndicalistes, militants de différents pays. Le président vénézuélien, dans son discours, a accusé les pays riches d’être responsables de l’impasse actuelle par manque de volonté politique et d’un programme de baisse drastique des émissions de CO2. Inspiré par les panneaux du défilé haut en couleurs du samedi 12 décembre, il s’est exclamé : “Si le climat était une banque les gouvernements des pays riches l’auraient déjà sauvé”.

En ce qui concerne Morales, il s’est réuni avec les mouvements sociaux et a présenté sa proposition d’un référendum pour rétablir des nouveaux rapports entre les individus et la nature, pour mettre un frein au consumérisme capitaliste... La mobilisation des organisations associatives, syndicales et politiques venant des différents continents a été au-delà des espérances des Danois eux-mêmes. Non seulement par la participation massive (100000 personnes à la manifestation du 12), mais aussi par leur détermination à dénoncer le système capitaliste comme responsable du réchauffement climatique et la crise écologue mondiale. Le même état d´esprit animait les forums alternatifs éparpillés dans toute la ville. Les thèmes choisis, les discussions, des préoccupations militantes révélaient la radicalité des propos de chacun. Décidé à y participer activement, le NPA, avec une centaine de militants, était présent à la manifestation de façon très visible (banderoles, tracts et drapeaux) et suivis de mots d’ordre concernant l’anti-impérialisme, l’anticapitalisme, l’antiracisme, et pour la défense d’une autre société...

Le NPA a également participé au forum alternatif et l’une des grandes réussites a été le forum sur l´écosocialisme, animé par Michael Löwy, avec une camarade du Canada, un autre de l´Allemagne et le jeune Peter Nielsen du Danemark. Le thème a suscité un long débat dans une salle bondée avec la participation d’un public composé de syndicalistes, de féministes, de militants latino-américains, de militants anti-racistes. Le meeting du RGA (Alliance Rouge et Vert - Danemark) était lui aussi un succès avec plus de 200 personnes, cependant les élus suédois, portugais et grecs ont présenté les enjeux du sommet de façon décalée par rapport aux attentes d’un public qui ne se fatiguait pas d’exprimer sa détermination à se positionner en dehors des discours et stratégies institutionnels. Le NPA est intervenu et le sigle du parti à peine cité, la salle a salué notre présence par une ovation, ce qui a révélé la popularité du parti au sein des militant-e-s présents. A la fin du meeting, la salle scandait les mots d´ordre que les français avaient lancé à la manifestation du 12.

A souligner le rôle des peuples originaires du pôle Nord, de l´Amérique latine et d’autres latitudes : ils ouvraient la manifestation du samedi avec leurs habits traditionnels, leurs fronts graves et résolus. Ils ont animé des forums souvent très politiques et suscité de nombreux débats grâce à leurs propositions concernant une société alternative au capitalisme, contre les mesures impérialistes dans leurs territoires, et en ce qui concerne les initiatives à prendre au cours du prochain Sommet Union européenne-Amérique latine en mai prochain à Madrid. Les organisations indigènes proposent particulièrement de se mobiliser pour empêcher les ravages des transnationales et des pays impérialistes au travers d’Accords d´association qu´ils veulent imposer à leurs peuples. Cette fois-ci encore, le NPA aura un vrai rôle à jouer à leurs côtés.

samedi 20 février 2010

Haïti : quelles perspectives après la catastrophe ?

Le 12 Janvier 2010 un séisme d’une rare violence a frappé notre pays avec des conséquences dramatiques sur les populations de plusieurs communes des Départements de l’Ouest, du Sud-est et sur l’ensemble du pays. Ce tremblement de terre d’une magnitude de 7.3 sur l’échelle de Richter et son cortège de pertes irréparables ont endeuillé notre pays tout en créant des douleurs insoutenables. Ce drame qui nous affecte aujourd’hui est sans aucun doute l’un des plus graves de toute notre histoire et cause un profond traumatisme qui marquera le 21ème siècle haïtien. Les bilans partiels communiqués jusqu’ici tentent passablement d’exprimer une réalité effroyable et indicible, c’est-à-dire l’horreur que nous avons vécu ensemble durant ces interminables 35 secondes. Plus de 150.000 morts, 500.000 blessés, plus d’un million de sans abris, des dizaines de milliers d’amputés, plus de 300.000 personnes réfugiées en province, plus de 3 millions de sinistrés dévastés qui, en une minute, ont vu se transformer à jamais leurs vies, leurs familles et leurs sociétés.


Nos organisations ont toutes été profondément bouleversées par cet événement. [...] Il est indispensable malgré la douleur que nous ressentons tous et toutes de réfléchir sur ce qui vient de se passer et de tirer de cette tragique expérience les leçons et les orientations qui nous permettront de poursuivre notre inlassable travail de construction d’un autre pays capable de vaincre le cycle de l’effondrement et la dépendance et de se placer à la hauteur des rêves d’émancipation universelle de ses fondateurs et de tout le peuple haïtien. L’ampleur du désastre est sans aucun doute liée à la nature de l’État dans notre pays, un héritage historique colonial et néocolonial et la mise en place des politiques néolibérales au cours des 3 dernières décennies. L’hypercentralisation autour de la « République de Port-au-Prince » décidée par l’occupation américaine de 1915 est certainement un des facteurs déterminants. En particulier, la complète libéralisation du marché de l’immobilier a ouvert un espace de spéculation débridé aux flibustiers de tout poil.

Nous sommes très émus par l’extraordinaire élan de solidarité manifesté par la population de la région métropolitaine qui pendant les 3 premiers jours suivant le sinistre ont su répondre par l’auto-organisation en construisant 450 camps de réfugiés qui ont contribué à sauver des milliers de personnes prisonnières des décombres et a rendu possible la survie de 1.5 millions de personnes grâce au partage communautaire de toutes les ressources disponibles (nourriture, eau, vêtements). Honneur et respect à la population de Port-au-Prince ! Ces mécanismes spontanés de solidarité doivent jouer un rôle essentiel dans le processus de reconstruction et de re-conceptualisation de l’espace national. [...] Nous, les responsables des organisations et plateformes suivantes, à la suite de plusieurs rencontres pour analyser la nouvelle situation et définir des stratégies communes adoptons un positionnement qui se fonde sur les éléments d’orientation suivants :

- Contribuer à préserver les principaux acquis des mouvements sociaux et populaires haïtiens menacés par la nouvelle situation
- Contribuer à répondre aux besoins urgents de la population en mettant en place des centres de services communautaires disposant de capacités adéquates pour répondre aux besoins suivants : alimentation, soins de santé primaire, assistance médicale et psychologique suite aux chocs subis lors du séisme
- Profiter des projecteurs de la grande presse braqués sur notre pays pour diffuser une image différente de celle projetée par les forces impérialistes
- Mettre en place de nouvelles façons de faire visant à dépasser l’atomisation et la dispersion qui constituent l’une des principales faiblesses de nos organisations.

Ce processus de rapprochement doit démarrer avec la structuration d’un espace commun devant accueillir provisoirement nos 6 équipes qui continueront à travailler de façon autonome tout en veillant à la mise en place de mécanismes permanents d’échanges et de travaux mutualisés. Nous veillerons à ce que puisse être imposée une démarche collective dans la recherche de réponses communes à nos problèmes et la construction d’alternative démocratique populaire réelle et viable.

En ce qui a trait à la situation d’urgence, nous sommes en train de mettre en place des centres de services de quartiers. [...]. L’aide d’urgence à laquelle nous participons se veut alternative et nous comptons développer un travail de plaidoyer afin de dénoncer les pratiques traditionnelles dans le champ des interventions humanitaires qui ne respectent pas la dignité des victimes et qui s’inscrivent dans le cadre d’un processus de renforcement de notre dépendance. Nous plaidons pour une aide humanitaire adaptée, respectueuse de notre culture et de notre environnement et qui ne détruit pas les constructions d’économie solidaire mises en place depuis plusieurs décennies par les organisations de base avec lesquelles nous travaillons.

Nous tenons pour finir à saluer encore une fois l’extraordinaire élan de générosité qui a animé l’opinion publique mondiale autour du drame que nous vivons. [...] L’aide humanitaire massive est aujourd’hui indispensable compte tenu de l’ampleur de la catastrophe, mais elle doit être structurante en s’articulant avec une vision différente du processus de reconstruction. Elle doit s’inscrire en rupture avec les paradigmes dominant les circuits traditionnels de l’aide internationale. Nous souhaiterions voir naître des brigades internationalistes de solidarité travaillant en compagnie de nos organisations à la lutte pour la réalisation d’une réforme agraire et d’une réforme foncière urbaine intégrée, à la lutte contre l’analphabétisme et pour la reforestation, à l’édification de nouveaux systèmes universels, décentralisés et modernes d’éducation et de santé publique.

Nous devons aussi proclamer notre colère et notre indignation face à l’instrumentalisation qui est faite de la crise haïtienne pour justifier une nouvelle invasion de 20.000 marines américains. Nous dénonçons ce qui risque de devenir une nouvelle occupation militaire, la troisième de notre histoire par des troupes étasuniennes. Elle entre clairement dans la stratégie de remilitarisation du bassin de la Caraïbe dans le cadre de la réponse de l’impérialisme américain à la révolte croissante des Peuples du continent face à la mondialisation néolibérale. Elle s’inscrit aussi dans une stratégie de guerre préventive face à un éventuel éclatement social venant d’un Peuple écrasé par la misère et se retrouvant dans une situation de désespoir.

Nous dénonçons le modèle appliqué par le Gouvernement américain et la réponse militaire face à une tragique crise humanitaire. La mainmise sur l’aéroport Toussaint Louverture et d’autres infrastructures stratégiques du pays a conduit à priver le Peuple haïtien d’une partie des contributions venant de la CARICOM, du Venezuela et de certains pays européens. Nous dénonçons la méthode adoptée et refusons que notre pays soit transformé en une nouvelle base militaire. Nous, dirigeants des organisations et plateformes initiatrices de cette démarche, nous vous écrivons aujourd’hui pour vous transmettre notre première analyse de la situation. Nous sommes convaincus, comme vous l’avez déjà manifesté, que vous continuerez accompagner notre travail et nos combats dans le cadre de la construction d’une alternative nationale, source de renaissance de notre pays éprouvé par une horrible catastrophe et se battant pour sortir du cycle de la dépendance.

Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) - www.papda.org

lundi 18 janvier 2010

Chili : Retour de bâton

Par Franck Gaudichaud

« Après 20 ans de gouvernement de la Concertation, cette nuit nous a offert la merveilleuse responsabilité de conduire les destinées de la patrie » : c’est ainsi que le multimillionnaire chilien Sebastian Piñera a savouré sa victoire aux élections présidentielles, dimanche soir, devant des milliers de sympathisants. Dans son premier discours, il a appelé à « l’Unité nationale » et réitéré ses thèmes de campagne favoris, aux accents populistes, dont la lutte contre « la délinquance et le narcotrafic », tout en se prétendant préoccupé « des plus faibles ». Il remporte le second tour avec 51,6 % des voix au nom de la « Coalition pour le changement » qui regroupe la droite libérale (Rénovation nationale) et les secteurs réactionnaires (Union démocratique indépendante), soutiens directs de la dictature militaire (1973-1989).

Face à lui, l'ancien président démocrate-chrétien Eduardo Frei obtient 48,4 % des votes. Il défendait les couleurs de la « Concertation pour la Démocratie », coalition centriste (sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens) à la tête du gouvernement depuis 1989. Cette alternance met donc fin à 4 mandats successifs d’une coalition social-libérale qui s’était largement adaptée au modèle néolibéral hérité de la dictature, tout comme à la Constitution autoritaire de 1980, amendée mais jamais remise en cause. Il s’agit d’un tournant politique où la Concertation est en crise et n’apparaît plus comme une option stable au service des classes dominantes. Cela s’est vu dés le premier tour, notamment avec les 20% en faveur de la candidature dissidente de Marco Enriquez Ominami, lui-même issu de la Concertation et qui mélangeait quelques mesures progressistes avec un programme économique libéral. Face à cet immense marketing politique, le Parti communiste chilien et ses alliés ont proposé la candidature de Jorge Arrate, ex-ministre de la Concertation et un programme appelant à des réformes sociales combiné une alliance « instrumentale », au niveau des élections législatives, avec la Concertation, afin de rompre leur « exclusion institutionnelle »1… Ainsi aucun porte voix des classes populaires indépendant n’était présent dans cette campagne : la gauche radicale, notamment le jeune Mouvement des peuples et des travailleurs (MPT), qui regroupe plusieurs petites organisations anticapitalistes, à fait campagne pour « annuler le vote », dénonçant cette absence d’alternative. Le retour de la droite chilienne est historique : le dernier président de droite élu est Allessandri en… 1958. Désormais, c’est un représentant direct de la bourgeoisie qui sera aux commandes : surnommé le « Berlusconi chilien », Piñera est un entrepreneur, qui s’est enrichi durant la dictature. Il contrôle une des principales chaînes de télévision du pays, la compagnie d’aviation Lan Chile et un important club de foot. Face à une droite « décomplexée » qui va accroître la marchandisation du Chili, la répression des mouvements sociaux et peser sur l’échiquier régional en s’alignant sur la Colombie et les Etats-Unis, le défi est bien la reconstruction d’une gauche anticapitaliste : « une alternative politique indépendante des intérêts des classes au pouvoir et de leur expression politique », comme se propose de le faire le MPT aux cotés du mouvement populaire.


dimanche 17 janvier 2010

Via Campesina : Solidarité financière avec le peuple haïtien

Chers / Chères camarades et ami(e)s,

Par cette missive, nous adressons nos condoléances les plus sincères et notre solidarité au peuple haïtien qui a été surpris, il y a deux jours, par un séisme dévastateur. En effet, le tremblement de terre a causé des milliers de victimes, morts, blessés et disparus.


Nous souhaitons partager notre douleur face à une telle catastrophe et transmettre toute notre affection solidaire aux haïtiens et, en particulier, à nos camarades de La Via Campesina d’Haïti. Nous espérons qu’ils pourront rapidement se remettre de cette situation difficile. L’histoire nous a appris, non en vain, que ce peuple a toujours fait preuve de force et de détermination. Ce fut le premier de toute l’Amérique à abolir l’esclavage de façon autonome et durable. Il nous faut également souligner et dénoncer que les effets de toute catastrophe naturelle sont toujours plus aigus dans un contexte de pauvreté, de vulnérabilité et d’exclusion. Nous sommes conscients que ces forces de la nature ne sont ni contrôlables ni prévisibles et qu’elles ne relèvent pas de la responsabilité de la communauté internationale. Pour autant, la question demeure : Comment est-il possible que ladite communauté internationale continue à permettre un monde fondé sur une telle injustice et iniquité, celle-là même qui multiplie les effets destructeurs et le nombre de victimes lors d’un tremblement de terre comme celui que vient de connaître Haïti?

La Via Campesina lance un appel urgent à la solidarité internationale envers le peuple d’Haïti dans l’intention de faire parvenir toute l’aide financière recueillie par le truchement des mouvements sociaux sur place et, plus concrètement, par les organisations de paysans haïtiennes membres du mouvement paysan international.

La Vía Campesina va centraliser tout apport économique des personnes et organisations souhaitant aider de façon urgente les haïtiens sur le compte bancaire suivant:

Titulaire du compte: ASOCIACIÓN LURBIDE – EL CAMINO DE LA TIERRA
Banque: IPAR KUTXA
Adresse: Gudari, 2 – AMOREBIETA (Bizkaia) – País Vasco - Espagne
Nº du Compte: 3084-0023-53-6400061004
IBAN: ES54 3084 0023 5364 0006 1004
Swift: CVRVES2B
Concept: SOLIDARIDAD HAITÍ

mardi 5 janvier 2010

Un Zanon chez les Molex...


Nous avons fait venir à Toulouse Reinaldo Gimenez, ouvrier de l'usine récupérée Zanon-Fasinpat, pour une conférence. Les molex étaient en lutte en plein lock-out patronal, Reinaldo est venu parler de l'expérience des Zanon à Villemur sur Tarn.

http://www.npa31.org/