dimanche 18 décembre 2011
Chili. Quand le néolibéralisme triomphant se fissure
vendredi 29 juillet 2011
Liberté pour Recaredo Gálvez Carrasco
une grève nationale et l'occupation de centaines d'établissements secondaires et universitaires, devenant la plus grande mobilisation sociale depuis la fin de la dictature.
Le 21 juillet 2001, Recaredo Gálvez Carrasco, secrétaire général de la Fédération étudiante de l'Université de Concepción, a été arrêté par les forces policières chiliennes. Le lendemain, les autorités ont accusé le dirigeant étudiant de tentative d'homicide et port d'armes illégal, accusations pour lesquelles Recaredo demeure aujourd'hui en prison préventive.
mardi 21 juin 2011
Chili, les Damnés de l’eau à Pau
Depuis une dizaine d’années, les villageois de Camaines, au Chili, résistent contre la multinationale minière Pelambres. Propriété d’actionnaires japonais et chiliens, la compagnie minière détruit une vallée : un immense barrage, fait de terre et de sable, a été construit et la rivière est à sec. Cet endroit est devenu la plus grande poubelle chimique d’Amérique latine. Dans ce pays où les tremblements de terre sont fréquents, les habitants vivent sous la menace permanente de la rupture du barrage qui a été construit juste au-dessus du village, sans respecter les normes antisismiques. L’air est pollué, les arbres fruitiers, activité principale de la vallée, sont moribonds. L’eau qui alimente le village devient rare et empoisonnée. Les villageois nous ont raconté « qu’elle coule jaune, et que les récipients deviennent verts à son contact ». Aucun laboratoire chilien n’a accepté d’effectuer des analyses de cette eau, ce qui en dit long sur les complicités à l’œuvre dans le pays.
Solidarité avec les condamnés Mapuche de Cañete, en grève de la faim depuis le 15 mars
mercredi 3 novembre 2010
Chili. L’enfer sous terre, le profit… sur terre
La mésaventure et le courage des 33 mineurs qui ont passé 70 jours enterrés à la suite d’un éboulement dans la mine de San José (nord Chili) ont fait le tour du monde. Mais la solidarité populaire a été largement instrumentalisée par le gouvernement de Sebastian Piñera.
Le président du Chili, Sebastián Piñera, l’ultralibéral « Berlusconi chilien », élu en janvier 2010, est un habitué des médias et un multimillionnaire qui entend gérer le Chili comme ses entreprises. Les « 33 » (32 Chiliens et un Bolivien) ont été proclamés « héros du bicentenaire de l’indépendance » avec une débauche de discours patriotiques et de drapeaux nationaux.
dimanche 26 septembre 2010
CHILI : TOUS VIVANTS, TOUS LIBRES !
lundi 6 septembre 2010
Chili : Nouvelle grève de la faim des Mapuche
jeudi 29 juillet 2010
Tremblement de terre politique et retour des Chicago boys au Chili
mardi 15 juin 2010
Chili : Tsunami social et politique aussi…
lundi 18 janvier 2010
Chili : Retour de bâton
« Après 20 ans de gouvernement de la Concertation, cette nuit nous a offert la merveilleuse responsabilité de conduire les destinées de la patrie » : c’est ainsi que le multimillionnaire chilien Sebastian Piñera a savouré sa victoire aux élections présidentielles, dimanche soir, devant des milliers de sympathisants. Dans son premier discours, il a appelé à « l’Unité nationale » et réitéré ses thèmes de campagne favoris, aux accents populistes, dont la lutte contre « la délinquance et le narcotrafic », tout en se prétendant préoccupé « des plus faibles ». Il remporte le second tour avec 51,6 % des voix au nom de la « Coalition pour le changement » qui regroupe la droite libérale (Rénovation nationale) et les secteurs réactionnaires (Union démocratique indépendante), soutiens directs de la dictature militaire (1973-1989).
Face à lui, l'ancien président démocrate-chrétien Eduardo Frei obtient 48,4 % des votes. Il défendait les couleurs de la « Concertation pour la Démocratie », coalition centriste (sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens) à la tête du gouvernement depuis 1989. Cette alternance met donc fin à 4 mandats successifs d’une coalition social-libérale qui s’était largement adaptée au modèle néolibéral hérité de la dictature, tout comme à la Constitution autoritaire de 1980, amendée mais jamais remise en cause. Il s’agit d’un tournant politique où la Concertation est en crise et n’apparaît plus comme une option stable au service des classes dominantes. Cela s’est vu dés le premier tour, notamment avec les 20% en faveur de la candidature dissidente de Marco Enriquez Ominami, lui-même issu de la Concertation et qui mélangeait quelques mesures progressistes avec un programme économique libéral. Face à cet immense marketing politique, le Parti communiste chilien et ses alliés ont proposé la candidature de Jorge Arrate, ex-ministre de la Concertation et un programme appelant à des réformes sociales combiné une alliance « instrumentale », au niveau des élections législatives, avec la Concertation, afin de rompre leur « exclusion institutionnelle »1… Ainsi aucun porte voix des classes populaires indépendant n’était présent dans cette campagne : la gauche radicale, notamment le jeune Mouvement des peuples et des travailleurs (MPT), qui regroupe plusieurs petites organisations anticapitalistes, à fait campagne pour « annuler le vote », dénonçant cette absence d’alternative. Le retour de la droite chilienne est historique : le dernier président de droite élu est Allessandri en… 1958. Désormais, c’est un représentant direct de la bourgeoisie qui sera aux commandes : surnommé le « Berlusconi chilien », Piñera est un entrepreneur, qui s’est enrichi durant la dictature. Il contrôle une des principales chaînes de télévision du pays, la compagnie d’aviation Lan Chile et un important club de foot. Face à une droite « décomplexée » qui va accroître la marchandisation du Chili, la répression des mouvements sociaux et peser sur l’échiquier régional en s’alignant sur la Colombie et les Etats-Unis, le défi est bien la reconstruction d’une gauche anticapitaliste : « une alternative politique indépendante des intérêts des classes au pouvoir et de leur expression politique », comme se propose de le faire le MPT aux cotés du mouvement populaire.
samedi 12 décembre 2009
Elections présidentielles au Chili : l’ombre de Pinochet plane-t-elle encore?
Le 13 décembre prochain aura lieu le premier tour des élections présidentielles au Chili, petit pays du Cône sud. Les derniers sondages montrent que c’est avant tout l’indécision qui domine un scrutin qui conclura le mandat de la socialiste Michèle Bachelet. Mais quels en sont les enjeux réels, plus de 35 ans après le coup d’Etat et presque 20 années après la transition démocratique ?
Démocratie néolibérale « pactée » et héritages autoritaires
Lorsqu’en 2006, la socialiste Michelle Bachelet succède à Ricardo Lagos, elle est la première Présidente de l’histoire chilienne. Ancienne ministre de la défense mais aussi victime du régime militaire, elle avait tenu à affirmer sa volonté d’incarner l’unité nationale, « après les divisions du passé », notamment celles des années de plomb de la dictature du Général Pinochet (1973-90).
Dans un pays réputé conservateur, ce vote massif en faveur d’une femme divorcée, agnostique et socialiste, avait été analysé par certains éditorialistes comme une véritable rupture, à plus de 30 ans du coup d’Etat contre Salvador Allende. A l’issue de son mandat, ce que la plupart des politologues annonçaient s’est pourtant confirmé : son gouvernement s’est inscrit avant tout dans la continuité des politiques publiques précédentes et dans la sillage de l’exceptionnelle stabilité de la coalition au pouvoir depuis 1990 : La Concertation(1).
En effet, on peut affirmer que M. Bachelet est un « pur produit » de cette coalition articulant centre-gauche et démocratie chrétienne. Conséquence directe de la transition « pactée » chilienne, l’ombre de Pinochet continue de planer sur la démocratie de ce pays, de la façonner même. Malgré les réformes de 1990 ou 2005, les dirigeants politiques ont renoncé à remettre en cause la Constitution du dictateur (datant de 1980) ou encore la loi d’amnistie (1978) : que penser alors d’une démocratie dont la Carta Magna a été écrite par un régime militaire ?
Les exemples de ce que le sociologue Manuel Garreton nomme « enclaves autoritaires », sont nombreux, à commencer par le modèle économique(2). Celui des « Chicago boys » qui a apporté croissance et modernisation tout en transformant les habitants en « citoyens-carte de crédit »(3) et en assurant les premières places au Chili dans le classement des pays les plus inégalitaires de la planète. Néanmoins, M. Bachelet termine son mandat avec un taux de popularité très élevé (78% d’approbation selon le Centre d’études publiques – CEP(4)) et a su mener une politique d’assistance aux plus pauvres combinée avec le maintien des fondamentaux d’une économie orientée vers les exportations, malgré les conséquences écologiques d’un tel développement.
Jeux et enjeux des élections
Le ciel électoral s’annonce nuageux pour la coalition qui vit sa plus grande crise depuis 15 ans et dont certains se demandent si elle n’est pas tout simplement à bout souffle. La droite est représentée dans cette campagne par un candidat unique, Sebastian Piñera, ex-sénateur et homme d’affaire multimillonaire s’étant enrichi frauduleusement durant la dictature. Ce « Berlusconi à la chilienne » arrive désormais en tête des sondages avec autour de 36% des intentions de votes.
Face à lui, Eduardo Frei enregistre dix point de moins que Piñera dans les intentions des électeurs. Démocrate-chrétien et ancien Président de la République, l’appui d’une puissante machinerie électorale ne lui permet pas de se départir de cette image d’un homme lié avant tout à la vieille « nomenklatura » politique. Ceci d’autant plus que la Concertation est victime de tensions internes et même d’une « fuite de candidats ». Le député trentenaire Marco Enríquez Ominami est ainsi apparu comme une figure nouvelle avec un discours appelant à dépoussiérer la démocratie et critique sur les compromissions de la Concertation.
Attirant les votes de la jeunesse et des classes moyennes, cette candidature est aussi un symptôme d’un système politique en crise. Son programme combine un ton progressiste avec des mesures qui le placent à droite de Frei sur le plan économique (il propose de privatiser une partie de la grande compagnie publique du cuivre – CODELCO ).
« MEO », marié à une star de la télévision nationale, est surtout le fils des mass-médias dominants qui en font leur trublion fétiche. Les 19% qu’il pourrait rafler feront de lui un arbitre du deuxième tour. Enfin, Jorge Arrate est aussi issu de la Concertation, dont il fut ministre de l’éducation. Aujourd’hui, il cherche à représenter la gauche extraparlementaire regroupée autour du Parti communiste (PC) et a fait le pari de briser l’exclusion institutionnelle dont ce secteur politique est victime (du fait notamment du système électoral élaboré par la dictature), en signant un « pacte instrumental » avec la Concertation.
Les 5% de cette partie de la gauche iront donc à la Concertation au second tour, ainsi que, vraisemblablement, la majorité des voix de MEO. La défaite de Frei est donc assez peu probable, mais aucunement impossible, ce qui signifierait la première victoire démocratique électorale nationale de la droite chilienne depuis plus d’un demi-siècle…
Lorsque la démocratisation pourrait venir d’ailleurs…
Quel que soit le résultat, le Chili reste face à ses démons et ni Frei, ni Piñera n’ont paru prêts à y faire face. L’Etat néolibéral chilien est un Etat a minima qui peine à entamer les réformes sociales nécessaires, si ce n’est à la marge. Orienté vers un libre-échangisme débridé, le pays est fortement dépendant de l’exportation de ses ressources naturelles (cuivre, bois, pêche, etc.), alors que le marché mondial est au bord du gouffre.
Pourtant, les problèmes sont de taille, à commencer par la faillite du système de retraites par capitalisation. Une santé à deux vitesses, laissant au bord de la route les plus fragiles et une éducation transformée en un vaste marché par Pinochet juste avant son départ. Autre question essentielle : les droits bafoués des indigènes mapuches qui revendiquent leur droit à l’autodétermination au lieu de la répression systématique dont ils sont l’objet(5).
Enfin, les immenses inégalités dans la répartition des richesses, ignorée par les principaux hommes politiques alors qu’elles sont au coeur d’un malaise social qui couve. De fait, pour de nombreux citoyens, les enjeux électoraux sont loin de leurs problèmes quotidiens. Une partie la jeunesse, si elle ne vote pas forcément (6), s’active néanmoins au sein de multiples collectifs à Santiago et comme dans les principales villes.
C’est ainsi que le pays a vécu, en 2006, plusieurs mois d’une « révolte des pingouins » – les étudiants des collèges sont appelés ainsi à cause de leur uniforme – qui a défié le gouvernement, mais surtout qui questionne l’héritage de la dictature. Si un processus de démocratisation démarre dans le Chili actuel, il surgira peut-être davantage « par en bas », grâce aux mobilisations d’une génération n’ayant pas connue la dictature, mais qui n’oublie pas que le vieux dictateur est mort sans avoir été jugé et que c’est le système qu’il a mis en place qui régit encore le « pays allongé » de Pablo Néruda.
Franck Gaudichaud vient de diriger : Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine, Paris, Textuel, 2008 et prépare actuellement la publication de sa thèse : « Pouvoirs populaires constituants et cordons industriels au Chili. La dynamique du mouvement social urbain durant le gouvernement Allende (1970-1973) », Presses Universitaires de Rennes, Rennes (à paraître).
Notes
1-La « Concertation des partis politiques pour la démocratie » est formée du Parti socialiste, du Parti pour la démocratie (PPD), du Parti radical social démocrate et du Parti démocrate-chrétien.
2-Voir : « Le Chili de Michèle Bachelet : un pays modèle » in F. Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine, Paris, Textuel, 2008, pp. 315-336.
3-Voir T. Moulian, Chile actual. Anatomía de un mito, Lom, Santiago, 2007.
[retour au texte]Les enquêtes d’opinion citées dans cet article sont tirées de : CEP, « Estudio Nacional de Opinión Pública », octubre 2009, www.cepchile.cl/dms/lang_1/doc_4487.html.
4-Ainsi que le dénoncent depuis des années Amnisty International ou l’assemblée des Droits de l’Homme de l’ONU. Voir les travaux de Fabien Lebonniec à ce sujet, dont : « La criminalisation de la demande territoriale mapuche », 2006, http://www.blogger.com/www.alterinfos.org/spip.php?article686.
5-Plus d’un million de jeunes refusent de s’inscrire sur les listes électorales, ne se sentant pas représentés par le système politique actuel.
lundi 16 novembre 2009
La lutte mapuche dans les revendications des peuples autochtones des Amériques
Directeur de la revue mapuche Azkintuwe, Pedro Cayuqueo est un militant engagé de la cause mapuche, déjà emprisonné en 2005 à Traiguén, au sud du Chili, parce qu’il lutte pour la récupération de terres du peuple mapuche, autrefois volées par les envahisseurs européens.
Quelles sont les revendications particulières de la lutte mapuche et quel est votre positionnement par rapport aux autres luttes des indigènes des Amériques ?
Certaines revendications rejoi-gnent celles de l’ensemble des peuples originaires d’Amérique latine, cependant, notamment au ni-veau politique, notre revendica-tion spécifique est celle de la reconstitution d’une nation, d’un territoire propre.
Nous sommes le deuxième peuple indigène des Amériques par le nombre – presque deux millions répartis dans le Nord de la Pata-gonie chilienne et argentine – et jusqu’à un peu plus d’un siècle nous disposions d’une souveraineté politique et territoriale unique en Amérique latine, maintenue jus-qu’à la fin du 19è siècle à la suite de l’invasion planifiée par les Etats chilien et argentin.
Les autres peuples indigènes d’Amérique latine sont pour la plu-part majoritaires sur leurs territoires. Alors le mouvement indigène dans ces pays concentre sa lutte à refonder des Etats, c’est à dire conquérir du pouvoir politique afin de transformer ces pays, comme c’est le cas en Bolivie avec Evo Morales ou en l’Equateur, où le mouvement indigène a fait tom-ber des gouvernements, ou le cas au Mexique où les Zapatistas disent : « Plus jamais un Mexique sans nous ». Cette situation ne pourra jamais se reproduire au Chili car il n’existe pas de conditions subjectives au sein de la popu-lation pour une proposition indi-gène de changement social et structurel. Et en Argentine, la situa-tion des Mapuches est encore dif-férente vu qu’ils représentent une minorité absolue. D’ailleurs, il y a une réalité historique que l’on ne peut pas nier, nous avons été oc-cupés par deux Etats et la réalité mapuche est diverse au-jourd’hui en Argen-tine et au Chili.
La Bolivie avec Evo Morales repré-sente-t-elle pour vous l’indigène et sa pensée au pouvoir ? S’agit-il d’un modèle que le peuple mapu-che imiter ?
Le processus qui vit actuellement la Bolivie, nous permet de tirer des leçons importantes. L’une d’entre elles consiste à oser proposer une politique électorale avec des propositions qui ne s’adressent pas seulement aux indigènes, mais aussi aux Chiliens qui habitent la région et qui subissent le système néo-libéral.
Un autre enseignement est celui de comment les peuples indigènes en général, quelque soient leurs revendications, sont capables de générer une pensée politique inspirée de sa culture propre. Ainsi comme la Bolivie a fait appel à la sagesse aymara, dont les trois principes consistant à « ne pas voler », « ne pas mentir » et « être constant », afin de bâtir un bon gouvernement ; nous, les Mapu-ches, avons également quatre pri-cipes : Kim che (des gens sages), Nor che (des honnêtes gens), Newen che (des braves gens) et Kume che (des gens bons),des valeurs fondamentales pour faire de la politique.
Par rapport à ton parcours militant, tu diriges depuis quelques années le journal AZKINTUWE, le journalisme est-il pour toi un instrument de revendication mapuche ?
Le journalisme est pour moi ce que le cheval est aux Mapuches du 15è siècle : beaucoup parmi eux ne le connaissaient pas et avaient en plus peur de lui, ils se sont vite rendu compte qu’il s’agissait d’un animal domesticable et très utile pour la lutte. Le journalisme est donc pour moi un cheval que je suis en train de dresser. Le rapport du journalisme avec le cheval n’est pas anodin car il était le principal outil de guerre de l’Espagnol et aujourd’hui les médias sont l’outil principal des Etats néo-libéraux et des multinationales, alors cette analogie a un grand sens de nos jours.
Que représente le 12 octobre aujourd’hui dans le cœur d’un Mapuche ?
Cette date n’a pas une grande importance pour nous Mapuches. Cela est très difficile à compren-dre, car le grand problème des Mapuches n’a pas été avec les Espagnols mais avec les Républi-ques. Avec l’Espagne nous avions des traités diplomatiques et un traité d’Assistance militaire, en vigueur surtout au moment de l’Indépendance du Chili car beau-coup de Mapuches ont lutté en faveur de l’Espagne contre les Chiliens.
Le 12 octobre est une date, malheureusement pour le reste des peuples indigènes de l’Amérique latine, triste et je partage la douleur qu’elle dégage , la rage et le sentiment de la fin de cultures et de formes de construction sociale ; mais pour les Mapuches elle ne représente qu’un accident histo-rique, un accident auquel nous avons pu faire face. Nous avions en outre avec les Espagnols un pacte d’échange économique et ils respectaient au même temps nos terres. Au 19è siècle, avant l’invasion argentine et chilienne, le peuple mapuche constituait une société très riche et en plein essor économique et culturel.
Propos recueillis par Bettina Ghio

